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Le suivi médical pour ce métier
Le vendeur en magasin relève du suivi individuel simple : visite d'information et de prévention dans les 3 mois suivant la prise de poste, renouvelée au plus tous les 5 ans. Aucun risque particulier ne place en principe ce poste en suivi renforcé, sauf exposition spécifique identifiée par l'employeur (conduite d'engins en réserve, par exemple, qui relève désormais de l'attestation d'absence de contre-indications de 5 ans issue du décret 2025-355). Le piétinement, la manutention en réserve et lors de la mise en rayon, et l'exposition aux incivilités constituent les risques dominants à signaler au médecin du travail. La visite de reprise est obligatoire après 60 jours d'arrêt maladie ou 30 jours après accident du travail, et la visite à la demande reste possible à tout moment.
Le détail des visites et de leur périodicité.
Les restrictions les plus fréquentes
- Mise à disposition d'un siège assis-debout, pas de station debout prolongée
- Port de charges limité, aide mécanique pour la mise en rayon et la réserve
- Éviter le travail en hauteur (escabeaux, échelles) selon les cas
- Limitation des gestes répétitifs (encaissement intensif, pliage)
- Pas de poste isolé en cas d'exposition aux incivilités ou après agression
L'employeur est tenu de prendre en considération ces préconisations et, s'il refuse d'y donner suite, de faire connaître par écrit au salarié et au médecin du travail les motifs qui s'y opposent (article L.4624-6). Ce que l'employeur doit faire.
Les causes typiques d'inaptitude
- Lombalgies chroniques incompatibles avec la manutention et le piétinement
- Troubles musculo-squelettiques évolués (épaule, canal carpien)
- Pathologies veineuses sévères aggravées par la station debout
- État de stress post-traumatique après braquage ou agression
- Épuisement professionnel lié à la pression commerciale et aux incivilités répétées
L'inaptitude est prononcée par rapport au poste, après étude de poste et échange avec vous. Elle ouvre un mois pour reclasser ou licencier. Ce qui se passe après l'avis.
Les pistes de reclassement habituelles
- Poste en caisse assise ou en accueil
- Poste en drive, e-commerce ou préparation de commandes allégée
- Fonctions de back-office (gestion des stocks informatisée, service client à distance)
- Mutation dans un autre magasin de l'enseigne mieux adapté aux restrictions
L'employeur doit chercher dans toute l'entreprise et le groupe, en tenant compte des indications du médecin du travail. Ce que vous pouvez refuser.
Les maladies professionnelles à connaître
Tableaux les plus souvent mobilisés pour ce métier : 57 (TMS), 98 (rachis lombaire, charges lourdes). Une reconnaissance en maladie professionnelle avant l'inaptitude, connue de l'employeur, double l'indemnité de licenciement et fait payer le préavis. Comment déclarer.
Le point de vigilance
Après une agression ou un braquage, l'accident du travail doit être déclaré même sans blessure physique : le choc psychologique survenu au temps et au lieu du travail bénéficie de la présomption d'imputabilité. Cette qualification conditionne le régime de l'éventuelle inaptitude qui suit (indemnités majorées, consultation du CSE) ; trop de dossiers de vendeurs sont fragilisés parce que l'événement n'a jamais été déclaré.
Convention collective
Plusieurs conventions collectives couvrent ce métier selon l'employeur : l'intitulé exact figure sur votre bulletin de paie. Les conventions que nous analysons.
Questions fréquentes
Le médecin du travail peut-il m'interdire d'exercer ce métier ?
Il rend un avis sur votre poste dans votre entreprise. Une inaptitude à ce poste n'est pas une interdiction d'exercer le métier ailleurs, dans d'autres conditions.
Que devient mon salaire si des restrictions m'empêchent de tenir certaines tâches ?
Il est maintenu tant que votre contrat n'est pas modifié avec votre accord. Les primes liées à l'exécution effective de tâches supprimées peuvent en revanche être perdues.
Puis-je demander une visite avant que ça n'aille plus ?
Oui, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Comment faire.
Qui peut vous accompagner dans cette situation
Aucune de ces démarches ne se fait seul. Selon ce que vous cherchez — un avis médical, une aide sociale, un appui dans l'entreprise ou un conseil juridique — voici à qui vous adresser.
- Le médecin du travail — à votre demande, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Il est le seul à pouvoir proposer des aménagements ou constater une inaptitude. Trouver votre service.
- Votre médecin traitant — il prescrit l'arrêt, le temps partiel thérapeutique et peut demander la visite de pré-reprise.
- L'assistante sociale — celle de la CARSAT, de votre service de santé au travail ou de l'entreprise : ressources pendant l'arrêt, dossiers CPAM, invalidité, maintien en emploi.
- Cap emploi et la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle — pour garder ou retrouver un emploi compatible avec votre santé (RQTH, aménagements, reconversion).
- Les représentants du personnel (CSE) et les syndicats — un appui dans l'entreprise, et un défenseur syndical peut vous assister gratuitement devant le conseil de prud'hommes.
- L'inspection du travail — pour signaler un manquement de l'employeur (visite non organisée, restrictions ignorées, danger).
- Un avocat en droit du travail — pour contester un avis, un licenciement ou un solde de tout compte. Une première consultation gratuite existe dans les maisons de justice et du droit et dans de nombreux barreaux ; l'aide juridictionnelle peut prendre en charge les honoraires.