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Le suivi médical pour ce métier

Le soudeur est l'un des métiers où le suivi individuel renforcé reste fréquent : les fumées de soudage sont classées cancérogènes pour l'homme, et lorsque l'évaluation des risques retient une exposition à des agents cancérogènes, le poste relève du suivi renforcé, avec examen médical d'aptitude à l'embauche puis visites périodiques rapprochées. Si le poste comporte une habilitation électrique, le décret 2025-355 la fait désormais reposer sur une attestation d'absence de contre-indications valable 5 ans, sans suivi renforcé automatique à ce seul titre. Le classement du poste dépend donc de l'évaluation des risques faite par l'employeur : c'est elle qu'il faut vérifier en cas de doute. Un suivi post-exposition, voire post-professionnel, peut être proposé après la fin de l'exposition aux cancérogènes.

Le détail des visites et de leur périodicité.

Les restrictions les plus fréquentes

  • Pas de soudage en espace confiné sans captage des fumées et protection respiratoire
  • Limitation des postures bras en élévation et du travail en position contrainte
  • Port de charges limité
  • Éviter l'exposition aux fumées sans aspiration à la source
  • Protection oculaire et cutanée obligatoire contre le rayonnement de l'arc

L'employeur est tenu de prendre en considération ces préconisations et, s'il refuse d'y donner suite, de faire connaître par écrit au salarié et au médecin du travail les motifs qui s'y opposent (article L.4624-6). Ce que l'employeur doit faire.

Les causes typiques d'inaptitude

  • Pathologie respiratoire chronique (asthme, BPCO) aggravée par les fumées
  • Cancer broncho-pulmonaire imposant l'éviction de l'exposition
  • Troubles musculo-squelettiques de l'épaule évolués
  • Atteintes oculaires répétées ou pathologie oculaire incompatible avec l'arc
  • Pathologies cutanées chroniques aggravées par les UV et projections

L'inaptitude est prononcée par rapport au poste, après étude de poste et échange avec vous. Elle ouvre un mois pour reclasser ou licencier. Ce qui se passe après l'avis.

Les pistes de reclassement habituelles

  • Contrôle qualité des soudures ou contrôle non destructif, après formation
  • Préparation, méthodes ou traçage, hors exposition aux fumées
  • Conduite d'installations de soudage automatisé ou robotisé
  • Tutorat et formation des jeunes soudeurs

L'employeur doit chercher dans toute l'entreprise et le groupe, en tenant compte des indications du médecin du travail. Ce que vous pouvez refuser.

Les maladies professionnelles à connaître

Tableaux les plus souvent mobilisés pour ce métier : 44 (sidérose, fumées d'oxydes de fer), 44 bis (cancer broncho-pulmonaire associé), 42 (surdité professionnelle), 57 (TMS). Une reconnaissance en maladie professionnelle avant l'inaptitude, connue de l'employeur, double l'indemnité de licenciement et fait payer le préavis. Comment déclarer.

Le point de vigilance

Le caractère cancérogène des fumées de soudage a une conséquence directe : si l'inaptitude est liée à une pathologie respiratoire susceptible d'origine professionnelle, la question de la reconnaissance en maladie professionnelle et celle de la faute inexcusable (mesures de captage effectivement mises en place ou non) doivent être examinées avant toute rupture. Un salarié licencié pour inaptitude d'origine professionnelle bénéficie des indemnités majorées de L.1226-14.

Convention collective

Les salariés de ce métier relèvent souvent de la convention Métallurgie du 7 février 2022 (étendue par arrêté du 14 décembre 2022, JORF 22 décembre 2022), mais pas toujours : vérifiez l'intitulé sur votre bulletin de paie.

Questions fréquentes

Le médecin du travail peut-il m'interdire d'exercer ce métier ?

Il rend un avis sur votre poste dans votre entreprise. Une inaptitude à ce poste n'est pas une interdiction d'exercer le métier ailleurs, dans d'autres conditions.

Que devient mon salaire si des restrictions m'empêchent de tenir certaines tâches ?

Il est maintenu tant que votre contrat n'est pas modifié avec votre accord. Les primes liées à l'exécution effective de tâches supprimées peuvent en revanche être perdues.

Puis-je demander une visite avant que ça n'aille plus ?

Oui, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Comment faire.

Qui peut vous accompagner dans cette situation

Aucune de ces démarches ne se fait seul. Selon ce que vous cherchez — un avis médical, une aide sociale, un appui dans l'entreprise ou un conseil juridique — voici à qui vous adresser.

  • Le médecin du travail — à votre demande, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Il est le seul à pouvoir proposer des aménagements ou constater une inaptitude. Trouver votre service.
  • Votre médecin traitant — il prescrit l'arrêt, le temps partiel thérapeutique et peut demander la visite de pré-reprise.
  • L'assistante sociale — celle de la CARSAT, de votre service de santé au travail ou de l'entreprise : ressources pendant l'arrêt, dossiers CPAM, invalidité, maintien en emploi.
  • Cap emploi et la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle — pour garder ou retrouver un emploi compatible avec votre santé (RQTH, aménagements, reconversion).
  • Les représentants du personnel (CSE) et les syndicats — un appui dans l'entreprise, et un défenseur syndical peut vous assister gratuitement devant le conseil de prud'hommes.
  • L'inspection du travail — pour signaler un manquement de l'employeur (visite non organisée, restrictions ignorées, danger).
  • Un avocat en droit du travail — pour contester un avis, un licenciement ou un solde de tout compte. Une première consultation gratuite existe dans les maisons de justice et du droit et dans de nombreux barreaux ; l'aide juridictionnelle peut prendre en charge les honoraires.