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Le suivi médical pour ce métier
L'assistante maternelle employée par des particuliers est dans une situation singulière : la loi prévoit une surveillance médicale des salariés du particulier employeur, mais sa mise en œuvre passe par des dispositifs propres au secteur, historiquement incomplets, et beaucoup d'assistantes maternelles n'ont jamais rencontré de médecin du travail. Ce suivi ne doit pas être confondu avec l'agrément délivré par le président du conseil départemental après évaluation des services de PMI, qui conditionne l'exercice du métier et comporte ses propres exigences, dont un certificat médical. En cas de difficulté de santé, la visite à la demande auprès du service de prévention et de santé au travail compétent reste un droit, et la visite de reprise obéit aux règles communes après un arrêt long. Chaque parent employeur est un employeur distinct, ce qui démultiplie les procédures en cas d'inaptitude.
Le détail des visites et de leur périodicité.
Les restrictions les plus fréquentes
- Limitation du portage des enfants (poids, fréquence) et des postures accroupies ou penchées répétées
- Aménagement du matériel (lit à hauteur variable, plan de change adapté)
- Limitation du nombre d'enfants accueillis simultanément en fonction de la capacité physique
- Éviter les gardes en horaires atypiques ou de nuit
- Pauses effectives dans la journée d'accueil
L'employeur est tenu de prendre en considération ces préconisations et, s'il refuse d'y donner suite, de faire connaître par écrit au salarié et au médecin du travail les motifs qui s'y opposent (article L.4624-6). Ce que l'employeur doit faire.
Les causes typiques d'inaptitude
- Lombalgies chroniques ou pathologies du rachis incompatibles avec le portage
- Troubles musculo-squelettiques évolués (épaules, poignets)
- Épuisement lié à l'isolement professionnel et à l'amplitude des journées
- Pathologies chroniques invalidantes remettant en cause la sécurité de l'accueil
- Retrait ou non-renouvellement de l'agrément pour raison de santé (régime distinct de l'inaptitude)
L'inaptitude est prononcée par rapport au poste, après étude de poste et échange avec vous. Elle ouvre un mois pour reclasser ou licencier. Ce qui se passe après l'avis.
Les pistes de reclassement habituelles
- Réduction du nombre de contrats ou accueil d'enfants plus âgés, moins portés
- Exercice en maison d'assistantes maternelles pour rompre l'isolement et mutualiser le matériel
- Reconversion vers l'accueil périscolaire ou la garde d'enfants scolarisés
- Accompagnement vers un autre métier de la petite enfance via les dispositifs de reconversion (le reclassement chez un particulier employeur étant matériellement limité)
L'employeur doit chercher dans toute l'entreprise et le groupe, en tenant compte des indications du médecin du travail. Ce que vous pouvez refuser.
Les maladies professionnelles à connaître
Tableaux les plus souvent mobilisés pour ce métier : 57 (TMS), 98 (rachis lombaire, port de charges). Une reconnaissance en maladie professionnelle avant l'inaptitude, connue de l'employeur, double l'indemnité de licenciement et fait payer le préavis. Comment déclarer.
Le point de vigilance
Ne confondez pas les trois régimes : l'agrément (conseil départemental, après avis de la PMI), l'aptitude médicale au poste (santé au travail) et le contrat avec chaque parent employeur. Le retrait d'agrément entraîne une rupture des contrats selon un régime propre, sans procédure d'inaptitude ; à l'inverse, une inaptitude médicale doit être traitée contrat par contrat, avec autant de procédures que d'employeurs, le reclassement chez un particulier étant en pratique presque impossible.
Convention collective
Les salariés de ce métier relèvent souvent de la convention Branche du secteur des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile, mais pas toujours : vérifiez l'intitulé sur votre bulletin de paie.
Questions fréquentes
Le médecin du travail peut-il m'interdire d'exercer ce métier ?
Il rend un avis sur votre poste dans votre entreprise. Une inaptitude à ce poste n'est pas une interdiction d'exercer le métier ailleurs, dans d'autres conditions.
Que devient mon salaire si des restrictions m'empêchent de tenir certaines tâches ?
Il est maintenu tant que votre contrat n'est pas modifié avec votre accord. Les primes liées à l'exécution effective de tâches supprimées peuvent en revanche être perdues.
Puis-je demander une visite avant que ça n'aille plus ?
Oui, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Comment faire.
Qui peut vous accompagner dans cette situation
Aucune de ces démarches ne se fait seul. Selon ce que vous cherchez — un avis médical, une aide sociale, un appui dans l'entreprise ou un conseil juridique — voici à qui vous adresser.
- Le médecin du travail — à votre demande, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Il est le seul à pouvoir proposer des aménagements ou constater une inaptitude. Trouver votre service.
- Votre médecin traitant — il prescrit l'arrêt, le temps partiel thérapeutique et peut demander la visite de pré-reprise.
- L'assistante sociale — celle de la CARSAT, de votre service de santé au travail ou de l'entreprise : ressources pendant l'arrêt, dossiers CPAM, invalidité, maintien en emploi.
- Cap emploi et la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle — pour garder ou retrouver un emploi compatible avec votre santé (RQTH, aménagements, reconversion).
- Les représentants du personnel (CSE) et les syndicats — un appui dans l'entreprise, et un défenseur syndical peut vous assister gratuitement devant le conseil de prud'hommes.
- L'inspection du travail — pour signaler un manquement de l'employeur (visite non organisée, restrictions ignorées, danger).
- Un avocat en droit du travail — pour contester un avis, un licenciement ou un solde de tout compte. Une première consultation gratuite existe dans les maisons de justice et du droit et dans de nombreux barreaux ; l'aide juridictionnelle peut prendre en charge les honoraires.