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Le suivi médical pour ce métier

L'accompagnant éducatif et social relève, selon l'évaluation des risques de l'établissement, du suivi individuel simple ou d'un suivi renforcé lorsque le poste expose à des agents biologiques du fait des soins d'hygiène et de nursing. En pratique, la visite d'information et de prévention intervient dans les 3 mois, renouvelée au plus tous les 5 ans, ramenés à 3 ans en cas de travail de nuit, fréquent en internat. La vérification des vaccinations, hépatite B en tête pour les personnels exposés, fait partie du suivi. Le médecin du travail doit être informé de la réalité du poste : manutention de personnes, horaires, exposition aux violences des publics accompagnés. La visite de reprise s'impose après 60 jours d'arrêt maladie ou 30 jours après accident du travail.

Le détail des visites et de leur périodicité.

Les restrictions les plus fréquentes

  • Pas de manutention de personnes sans aide technique (lève-personne, verticalisateur) ou sans binôme
  • Port de charges limité
  • Pas de travail de nuit ou limitation des horaires d'internat
  • Éviter le travail isolé auprès de publics à risque de violence
  • Limitation des postures penchées prolongées (toilettes, transferts)

L'employeur est tenu de prendre en considération ces préconisations et, s'il refuse d'y donner suite, de faire connaître par écrit au salarié et au médecin du travail les motifs qui s'y opposent (article L.4624-6). Ce que l'employeur doit faire.

Les causes typiques d'inaptitude

  • Lombalgies chroniques ou hernie discale incompatibles avec les transferts de personnes
  • Troubles musculo-squelettiques évolués de l'épaule
  • Épuisement professionnel lié à la charge émotionnelle et aux effectifs contraints
  • État de stress post-traumatique après violences d'un usager
  • Pathologies incompatibles avec les horaires d'internat et le travail de nuit

L'inaptitude est prononcée par rapport au poste, après étude de poste et échange avec vous. Elle ouvre un mois pour reclasser ou licencier. Ce qui se passe après l'avis.

Les pistes de reclassement habituelles

  • Accompagnement éducatif sans manutention (activités, sorties, vie sociale)
  • Poste de jour en externat ou en accueil de jour
  • Fonctions de coordination, de référence de projet ou d'accueil des familles
  • Formation qualifiante vers un métier éducatif ou administratif du secteur (dispositifs de la branche et prévention de la désinsertion professionnelle)

L'employeur doit chercher dans toute l'entreprise et le groupe, en tenant compte des indications du médecin du travail. Ce que vous pouvez refuser.

Les maladies professionnelles à connaître

Tableaux les plus souvent mobilisés pour ce métier : 98 (rachis lombaire, manutention de personnes), 57 (TMS). Une reconnaissance en maladie professionnelle avant l'inaptitude, connue de l'employeur, double l'indemnité de licenciement et fait payer le préavis. Comment déclarer.

Le point de vigilance

Les violences d'usagers sont des accidents du travail et doivent être déclarées comme telles, même quand l'établissement les banalise comme inhérentes au public accompagné : la présomption d'imputabilité joue pour l'atteinte psychique comme physique. Par ailleurs, les restrictions de manutention se heurtent souvent aux effectifs réels ; un avis d'aptitude avec restrictions non respecté engage la responsabilité de l'employeur au titre de l'obligation de sécurité.

Convention collective

Les salariés de ce métier relèvent souvent de la convention Établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du 15 mars 1966 (« CCN 66 », Nexem), mais pas toujours : vérifiez l'intitulé sur votre bulletin de paie.

Questions fréquentes

Le médecin du travail peut-il m'interdire d'exercer ce métier ?

Il rend un avis sur votre poste dans votre entreprise. Une inaptitude à ce poste n'est pas une interdiction d'exercer le métier ailleurs, dans d'autres conditions.

Que devient mon salaire si des restrictions m'empêchent de tenir certaines tâches ?

Il est maintenu tant que votre contrat n'est pas modifié avec votre accord. Les primes liées à l'exécution effective de tâches supprimées peuvent en revanche être perdues.

Puis-je demander une visite avant que ça n'aille plus ?

Oui, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Comment faire.

Qui peut vous accompagner dans cette situation

Aucune de ces démarches ne se fait seul. Selon ce que vous cherchez — un avis médical, une aide sociale, un appui dans l'entreprise ou un conseil juridique — voici à qui vous adresser.

  • Le médecin du travail — à votre demande, à tout moment, sans que l'employeur en connaisse le motif. Il est le seul à pouvoir proposer des aménagements ou constater une inaptitude. Trouver votre service.
  • Votre médecin traitant — il prescrit l'arrêt, le temps partiel thérapeutique et peut demander la visite de pré-reprise.
  • L'assistante sociale — celle de la CARSAT, de votre service de santé au travail ou de l'entreprise : ressources pendant l'arrêt, dossiers CPAM, invalidité, maintien en emploi.
  • Cap emploi et la cellule de prévention de la désinsertion professionnelle — pour garder ou retrouver un emploi compatible avec votre santé (RQTH, aménagements, reconversion).
  • Les représentants du personnel (CSE) et les syndicats — un appui dans l'entreprise, et un défenseur syndical peut vous assister gratuitement devant le conseil de prud'hommes.
  • L'inspection du travail — pour signaler un manquement de l'employeur (visite non organisée, restrictions ignorées, danger).
  • Un avocat en droit du travail — pour contester un avis, un licenciement ou un solde de tout compte. Une première consultation gratuite existe dans les maisons de justice et du droit et dans de nombreux barreaux ; l'aide juridictionnelle peut prendre en charge les honoraires.